L’AERES ou l’évaluation dévoyée / Bertrand Monthubert (http://bertrand.monthubert.net/)

L’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES), instance créée par la loi de 2006 sur la recherche, soulève de très nombreuses critiques quant à son fonctionnement. Le bureau du Conseil Scientifique (CS) du CNRS, les présidents des Conseils Scientifiques de Département (CSD) et le bureau de la Conférence des Présidents des sections du Comité National (CPCN), regroupés au sein du C3N, viennent de publier un document très riche : Quelques remarques sur une agence qui fâche: l’AERES. D’emblée, le problème de la finalité de l’évaluation est posé : s’agit-il de « tirer vers le haut l’activité de recherche, et donc conseiller, suggérer, aider les unités », ou bien est-ce « surtout un moyen de discriminer pour affecter des moyens (humains et financiers). Une forme étalonnée, une note leur semble alors utile, quels qu’en soient les effets secondaires néfastes. » … Lire la suite

One Response to L’AERES ou l’évaluation dévoyée / Bertrand Monthubert (http://bertrand.monthubert.net/)

  1. Philippe Jarne dit :

    Faut-il tirer le système vers le haut ou faut-il tamiser ? Bonne question. Après avoir noté qu’on peut se poser la même question pour l’ensemble du système scolaire français, je peux témoigner que le fonctionnement des comités AERES diffère qque peu sur ce point. La personnalité du délégué AERES et du président de comité de visite y sont pour beaucoup. Mais in fine le système que souhaite promouvoir l’AERES est plutôt un tamis.

    Un point particulièrement gênant : de fait, le tamis est multiple ! Car, contrairement à ce que d’aucuns semblaient penser, les chercheurs et enseignants-chercheurs sont évalués individuellement et collectivement à de nombreuses reprises. Et la création de l’AERES (et de l’ANR) a augmenté considérablement le nombre de tamis. Individuellement lors de demandes de financements, de soumissions de publications, d’avancement de carrière ou tout simplement tous les 2 et 4 ans (au CNRS). Collectivement parce les C et EC sont regroupés en unités de recherche, elles-mêmes regroupés en instituts fédératifs de diverses sortes, et relèvent d’écoles doctorales et de Masters …….. Au delà de la focalisation sur les indicateurs, forcément chiffrés (indices de citation, nombre de publications, nombre de financements de l’ANR…..), la création de l’AERES a donc aussi conduit à une inflation du nombre d’évaluations. Un gouvernement libéral a mis en place un système d’évaluations qu’envieraient feux les démocraties populaires. Probablement sans équivalent au monde. Tétanisant pour les C et EC en général, en particulier pour ceux qui s’investissent dans la gestion de la recherche et de l’enseignement supérieur. On peut sérieusement se demander où se situe le gain pour la collectivité in fine.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :